exposition : 5Pointz the graffiti Mecca
Dans le cadre du Festival Photoreporter Off, Ozlight PicsMakerz vous présente l'exposition :

5POINTZ THE GRAFFITI MECCA

Octobre 2013, 5Pointz, le célèbre complexe du Queens aux murs recouverts de graffitis, a été repeint en blanc par son propriétaire, annonçant la future destruction du lieu. «C’est la plus grande perte de toute l’histoire du graffiti» se désole Marie Flageul, porte parole de 5Pointz. En pleurs mardi matin lorsqu’elle a découvert les murs, sur lesquels on pouvait encore admirer la veille des centaines d’oeuvres, recouverts à la hâte de peinture blanche !! le whitewash «ça s’est passé par surprise entre 2h et 6h du matin, la police avait bouclé le périmètre, on a rien pu faire.» Le propriétaire Jerry Wolkoff, qui souhaite raser l’immeuble pour faire place à un luxueux projet résidentiel, a abruptement mis fin au combat que lui livraient les artistes pour sauver le lieu. En faisant repeindre sournoisement l'immeuble par une armée de peintre en bâtiment embauchés pour la nuit.
Five Pointz (comme les cinq arrondissements de New-York) s’est créé il y a vingt ans comme un épicentre de la culture hip-hop, permettant chaque année à des milliers de graffeurs et street-artists d’exposer en toute légalité. Des artistes mondialement reconnus comme Tracy 168, Lady Pink ou Tats Cru y ont posé leur marque. Depuis 2002, Jonathan Cohen, Meres One de son nom de scène, fait office de conservateur du lieu, qu’il gére comme un musée, distribuant les murs aux artistes et faisant tourner une exposition à ciel ouvert de près de 350 oeuvres.
Dès les débuts un deal existait entre le 5 Pointz Aérosol Art Center, géré par Meres One et le propriétaire, (Wolkoff) permettant aux artistes de peindre les murs avec son autorisation «à la seule condition de n’afficher aucun message pornographique ou politique». Mais en 2010, changement de plans. Jerry Wolkoff a de nouveaux projets immobiliers et annonce vouloir raser 5Pointz.

Une issue qui semblait alors lointaine et improbable, mais qui s’est concrétisée le 09/10/2013, lorsque le Conseil Municipal de New-York a donné son feu-vert à un projet de 400 millions de dollars (300 millions d’euros) : la construction de deux luxueuses tours résidentielles de plus de 40 étages, la gentrification rapide de Long Island City et la hausse des loyers expliquant certainement ce choix. Jerry Wolkoff annonçait alors vouloir réserver une partie du nouvel espace aux artistes, un nouveau deal qui les a laissé sceptiques. «Nous ne laisserons pas ajouter une nouvelle tour de verre sans vie à New-York et détruire notre quartier, notre communauté», a déclaré Meres One.
A coups de pétitions et de comités de soutien, la résistance s’est engagée. Banksy lui-même, à la fin de son mois de résidence à New-York, concluait sur son site par ces quelques mots :
«Save 5 Pointz»
Devant la justice, Meres One et les siens ont tenté, sans succès, de faire jouer le Visual Artists Right Act, loi qui protégé les droits des artistes, pour obtenir une injonction interdisant au propriétaire de toucher les oeuvres. Dans le même temps une procédure pour faire classer le site monument historique avait été lancée recueillant plus de 25000 signatures. Le collectif envisageait même de racheter le bâtiment avec l’aide de fonds privés. Autant d’initiatives restées vaines.
L’équipe de 5 Pointz s‘est vite rappropriée l’espace en collant aux murs des panneaux blancs sur lesquels chacun pouvait s’exprimer. Hommages émouvants au lieu, insultes au propriétaire et cries de révolte face à la méthode employée.
Même si aujourd’hui l’immeuble n’existe plus, le dernier recours légal pour les artistes de 5 Pointz, serait de faire jouer à nouveau le Visual Artists Right Act pour obtenir des dommages et intérêts. Selon Jeannine Chanes, (grande avocate New-Yorkaise qui défend le collectif). ils pourraient réclamer jusqu’à 150 000 dollars (110 000 euros) par oeuvre détruite.

(Source article de Libération)

 

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